Naturalisation des bandes riveraines
D'abord, il faut savoir que la loi oblige maintenant tout propriétaire de terrain aux abords d'un plan d'eau à naturaliser les dix (10) premiers mètres des bandes riveraines (rives/berges). Ces dix (10) mètres doivent être calculés à partir de la ligne des hautes eaux, soit à partir de la limite des inondations de récurrence de 2 ans, c'est-à-dire au niveau d'eau le plus haut au printemps répertorié lors des deux dernières années. Aussi, si la portion de votre terrain qui est situé sur le bord de l'eau est en pente, vous devez alors non pas prendre la mesure en suivant le terrain, mais plutôt tirer une ligne imaginaire perpendiculaire à l'eau jusqu'à la hauteur de votre terrain, puis mesurer dix (10) mètres de ce point en direction de votre terrain.
L'objectif derrière cette loi est de recréer le filtre végétal que nous avons éliminé en déboisant nos terrains. Un des problèmes que doivent affronter nos lacs et nos cours d'eau est qu'ils reçoivent un trop grand apport en azote et en phosphore. Cet apport vient, entre autres, de nos fosses septiques, mais aussi de tout genre de produits que nous utilisons dans la vie de tous les jours. Les plantes sont tout à fait capables d'assimiler l'azote et le phosphore; en fait, elles en ont besoin. Rappelons que les trois principales composantes de l'engrais sont l'azote, le phosphore et le potassium. Cependant, quand la quantité est trop grande, elles n'y arrivent pas. En déboisant nos terrains, on a donc éliminé une grande partie du filtre végétal naturel. On parle aujourd'hui des terrains sur le bord des lacs et des cours d'eau, mais en fait il en est de même sur l'ensemble de nos terrains... Pensez au bassin versant, et parlez-en à vos voisins...
L'objectif est donc clair : on veut recréer le filtre végétal, et ceci est aussi vrai dans les situations où la pelouse ou tout autre couvre-sol s'étend jusqu'au lac que dans les cas où des murets sont édifiés. Le muret de pierres ou de béton est une masse thermique qui absorbe la chaleur et la redistribue à l'eau, ce réchauffement devenant ainsi un facteur aggravant. L'objectif principal dans un tel cas serait donc de l'habiller de végétaux, par exemple avec une vigne vierge. Rappelons qu'il est interdit de réparer un muret de pierres ou de béton qui serait affaissé par endroits. Évidemment, vous avez toujours droit à un accès de cinq (5) mètres pour vous rendre au lac ou à votre quai par exemple. Cet accès doit être en angle par rapport à l'eau, afin d'éviter qu'il ne devienne un canal sans filtration pour l'eau de surface.
Les plantes à utiliser en naturalisation sont principalement des plantes indigènes du Québec et donc parfaitement adaptées à nos conditions climatiques. Pour maximiser vos chances de réussite, vous devez considérer le type de sol et l'ensoleillement, mais aussi évidemment le taux d'humidité du sol, puisqu'il s'agit de bandes riveraines.
Votre municipalité a le pouvoir de légiférer en matière d'environnement. L'obligation actuelle de naturaliser s'applique aux premiers dix (10) mètres de la bande riveraine, calculée de la ligne des hautes eaux comme cité précédemment. Ceci signifie une interdiction de tondre le gazon, ou de couper quoi que ce soit dans les premiers dix (10) mètres de la ligne des hautes eaux.
Même s'il s'agit maintenant d'une obligation légale, la naturalisation c'est avant tout un grand geste pour l'environnement!

























